5ème
jour : dimanche 23 novembre. La "Cyclo Guadeloupe" au départ de Saint-François.
Aujourd’hui c’est le grand jour, sportivement
s’entend ! Fini le farniente, il va falloir mouiller cuissard et maillot… Au menu 135 kms de course à
travers la Grande-Terre, pour 845 m de dénivelé positif. Au départ 150 concurrents, tous parcours confondus. Très peu de coursiers locaux, car il y a une course FFC dans le nord de l’île… En étudiant le parcours, 2 points
importants se dégagent. Tout d’abord le profil de la course avec 2 moments forts :
les ascensions de la Porte d’Enfer et de la pointe de la Grande Vigie à
mi-course, puis la succession de raidards dans les
Grands-Fonds à 35 km de l’arrivée. Les alizés que l’on aura de face
au retour devraient également créés des bordures : il faudra rester vigilant ! Le parcours convenant tout à fait à mes qualités de puncheur,
je me suis donné des objectifs importants pour cette course
nerveuse : au pire un podium de catégorie, au mieux un podium au classement scratch, même si les 3 pros sont au départ de la
cyclosportive.
Réveil à 05h30, petit-déjeuner pantagruélique à 06h00, puis échauffement en se rendant en vélo au départ de la course à 5 km de l’hôtel, plage des Raisins-Clairs, prévu pour 07h30.
Le soleil est de la partie, et le thermomètre affiche déjà 29°C… Suite à l’effondrement d’une arche au
départ de la course, nous patienterons 20 bonnes minutes en
pleine cagna sur la ligne de départ fictive. Nous sortons de Saint-François au train, et quelques 3 kilomètres plus loin a
lieu le départ réel. D’entrée de jeu la course est lancée et très nerveuse, avec de multiples attaques des coursiers locaux, inscrits pour la plupart sur le petit parcours. L’état de la route est bon, mais le parcours est dangereux en ce début de cyclo
avec des changements de direction incessants, des montées, des descentes, des virages, et le vent fort tantôt de côté, tantôt de face, tantôt
de dos. « Ca frotte énormément », avec quelques chutes à l’arrière du peloton, pour les plus maladroits ou les moins chanceux.
Je m’efforce de rester en permanence dans les 15 premiers, dans les roues des 2 pros féminines, qui ont une science de bien se placer vers la dixième position, évitant ainsi de prendre
du vent en tête de peloton, et prêtes à réagir en cas d’attaque… Dans la première heure de course, 36 kms sont parcourus.
A la sortie de la commune Du Moule on délaisse le littoral, la route s'élevant rapidement en pénétrant dans le domaine privilégié de la canne à sucre et de
l'élevage. Ca et là, on peut admirer les vestiges d'anciens moulins à vent qui pressaient le jus de
canne.
Il se dresse une première longue ascension, franchie au train. D’ores et déjà la course se décante par l’arrière… Moi j’ai de très bonnes sensations, et suis toujours bien placé en tête de peloton qui se réduit à 80 coureurs, puis à une cinquantaine après la bifurcation entre petit et
grand parcours.
Toujours sur le même rythme, à 36 km/h vent de côté, on continue notre progression vers le nord de l’ile. La végétation est de plus en plus aride en longeant le bord
de mer et ses falaises vertigineuses. Au km 51 1er ravitaillement en eau à Campêche. Il était temps, mes 2 gourdes étaient déjà presque vides ! La
température atteint les 33°C, il faut donc régulièrement s’hydrater, plus qu’à l’accoutumée en métropole… J’en profite également pour m’arroser copieusement la nuque. Certains ne
se sont pas arrêtés, ayant saisi une grosse bouteille d’eau, et se ravitaillant « en vol ». Il me faudra un petit kilomètre d’effort
gratuit pour reboucher le trou, et reprendre ma place à l’avant-garde du peloton. Car 6 petits kilomètres plus loin se présente le premier
raidard de l’épreuve, juste après le lagon de la Porte d’Enfer. Et il porte bien son nom, avec la route qui se dresse
à 9% de moyenne pendant 500 mètres, avec un passage court très pentu. Fini le gros plateau, je passe le
34 dents, et comme je l’avais prévu le peloton se désagrège. J’ai un peu de mal à suivre le tempo des meilleurs, le temps de digérer le changement de rythme, mais je m’accroche en dernière position dans un groupe de 9 coureurs,
dont les 2 pros féminines. Au sommet on bascule avec 100 m d’avance, mais tout le monde se regarde et le peloton nous
reprend. C’est partie remise !
Car dans l’ascension de la pointe de la Grande Vigie, ça explose de nouveau sur les 850 m à 5% de
moyenne. On prend les 10 mêmes, et cette fois-ci le trou est plus
conséquent : 250 m. Mais au sommet nous changeons de direction, comme Baba l'indique, face à l’ouest, vent dans le dos, avec de long faux plat descendant. Une grosse partie de manivelles s’engage entre les 2
groupes, 10 devant qui se relaient tous (sauf les 2 féminines)
contre une trentaine derrière, qui réagissent sous l’impulsion de Casper
piégé… Cela va durer une dizaine de kilomètres, jusqu’à Anse Bertrand (km 72, 2ème heure de course toujours à 36 km/h). Nouveau changement de direction,
vers le sud, donc vent de ¾ face… N’ayant pas réussi à creuser
les écarts, nous sommes repris par le peloton.
Entre Port-Louis et Petit-Canal, encore une attaque dans une côte roulante, le long des champs de canne à sucre qui ondulent, balayés par les alizés qui rendent les conditions plus agréables. Dire qu’il y
a une semaine je m’entraînais dans ma Haute-Saône froide, entre les champs de maïs.
Cette fois-ci je suis piégé, et c’est moi qui fais l’effort pour recoller sur les échappés. La température augmente encore, pour atteindre plus de 35°C… Le deuxième ravitaillement à Morne à l’Eau est le bien venu (km 96). De nouveau je m’arrête pour faire le plein des gourdes. Je repars en dernière position, assez loin de la tête de course qui ne s’est pas relevée. Nous arrivons dans la région des Grands-Fonds. La route serpente à travers un dédale de petites vallées étroites, encadrées de collines (appelées mornes) en forme de pain de sucre, où abondent les cultures de canne à sucre, bananiers, manguiers, qui fut longtemps le verger-potager de Pointe-à-Pitre. On circule le plus souvent le long de raides versants rocheux. A 40 km de l’arrivée, avec la chaleur pesante et la fatigue, c’est le moment où la course ne se gagne pas, mais se perd… Distancé, je franchis le premier morne esseulé : 500 m à 8,8% de moyenne. Les jambes vont très bien, et dans la rapide descente qui suit je reviens sur le peloton. Il était temps, car 3 mornes encore plus raides vont se succéder, en moins de 3 kms, avec des passages à 16%. J’accompagne en tête 4 coureurs « amateurs » (Xavier Joly, Pascal Barbagelata, 2 coursiers locaux de Petit-Bourg), et le trou est cette fois-ci important, au-delà de la minute. A Grands-Fonds (km 106, 35,4 km/h de moyenne), l’écart est supérieur à 1’30’’… Ca commence à sentir très très bon ?
Vidéo du "Tour de Guadeloupe" dans les Grands-Fonds, pour montrer
la difficulté...
Mais on a piégé les coureurs
professionnels ! Et nous buttons sur le vent qui
souffle maintenant de face à 35 km/h. 5 petits kilomètres plus tard, Casper ramène sur nous un petit groupe de 8
unités, dont les 2 pros
féminines… Et là explication de texte entre Joly, Casper et moi. Une fois de plus, un professionnel,
donc surpuissant par rapport au commun des mortels que nous sommes, nous les « purs amateurs », influence les
résultats d’une cyclosportive... A 25 km de l’arrivée nous sommes donc encore
13 ! Certains roulent, d’autres absolument pas comme les 2 féminines… Et après un long relai en tête de course, je décroche vers l’arrière pour m’alimenter. Et dans ce petit espace
de temps, une bordure de 50 m avec 5 coureurs en tête s’est créée dans un long faux plat montant !
Je place un contre, aidé par Magali Mocquery, mais nous
stagnons à une vingtaine de mètres sans pouvoir boucher le trou. Devant Casper prend un relai appuyé, et nous largue définitivement, emmenant avec lui Joly, Magali Le Floch, et les 2 coureurs de Petit-Bourg. Très vite
ils disparaissent de l’horizon, progressant à plus de 37 km/h. Avec les 7 autres, on gère à moins de 35 km/h. En 5 kilomètres, je suis passé d’échappé, avec une réelle chance de victoire ou de podium, à
définitivement lâché, avec le podium du « Trophée Guadeloupe » qui s’échappe. A 3 km de
l’arrivée, dans l’ultime ascension, agacé, je place un gros contre
et prends 100 m d’avance à l’entame de la descente. Mais pas de ticket de sortie… Les
coureurs qui n’ont jusque là jamais pris de relai ramènent sur moi le groupe ! Ca se finit donc au sprint,
slalomant entre les voitures des familles guadeloupéennes venant passer le dimanche sur la plage des Raisins-Clairs.
On finit à 4 dans la même seconde pour la 6ème
place, la puce électronique nous départageant sur la ligne d’arrivée, à 3’50’’ des
premiers, Casper dans le seul moment de
lucidité de sa journée laissant gagner au sprint le guadeloupéen Poncet.
1er/ Luc PONCET (Petit-Bourg, 971) 03h47’03’’ à
35,8 km/h, et 1erE
2ème/ Jimmy
CASPER
03h47’04’’, 1erD
3ème/ Xavier JOLY (Dijon,
21)
03h47’06’’, 2èmeD
4ème/ Jean-François TURC (Petit-Bourg, 971) 03h47’07’’, 2èmeE
5ème/ Magali LE
FLOCH 03h47’09’’,
1erA
6ème/ Pascal BARBAGELATA (Antibes/06) 03h50’59’’ à 35,2
km/h, 3èmeE
7ème/ Hervé
DOUETTE (Luxeuil/70) 03h50’59’’, 3èmeD
8ème/ Christian
ELIEZER (971) 03h50’59’’,
4èmeE
9ème/ Cédric QUEMENER (Brétigny/91) 03h51’00’’,
4èmeD
12ème/ Magali MOCQUERY
03h51’20’’, 2èmeA
19ème/ Thierry
MARIE
03h56’32’’.
Au "Trophée Guadeloupe", à l'addition des temps, sans distinction de catégorie :
1er/ Xavier JOLY (Dijon,
21)
04h03’07’’,
2ème/ Jimmy
CASPER
04h03’24’’, à 17’’,
3ème/ Magali LE
FLOCH 04h04’38’’,
à 1’31’’,
4ème/ Hervé
DOUETTE (Luxeuil/70) 04h08’00’’, à
4’53’’,
5ème/ Pascal BARBAGELATA
(Antibes/06) 04h08’02’’, à 4’55’’,
6ème/ Magali MOCQUERY
04h08’20’’, à 5'13’’,
7ème/ Cédric QUEMENER (Brétigny/91) 04h08’40’’, à
5'33’’.
Conclusion : les jeux sont faits, rien ne va plus...
Je réalise le minima de mes objectifs initiaux au départ de
la course : une 3ème place de catégorie... Le podium du trophée paraît très difficile à
atteindre, avec 3'22'' à reprendre à Le
Floch sur les 10 km d'ascension du col des Mamelles, le lendemain ! Derrière je n'ai que 2'' d'avance sur le 5ème, et 20 et 40'' sur les 6 et 7ème... Ca devrait beaucoup se marquer, avec des adversaires globalement du même
niveau, hormis Joly et Casper, un cran au-dessus !
L'après-course : bain de mer à la plage des Raisins-Clairs...
S'ensuit le repas d'après-course (riz et poisson créole), avec les amis cyclistes de l'hôtel, servi à l'ombre des cocotiers par des
"doudous" en costume traditionnelle. Puis le podium, avec la remise d'une coupe. Je profiterai ensuite de la plage des
Raisins-Clairs, archétype de la plage "carte postale" des Antilles, avec son sable blanc aveuglant longeant un lagon aux eaux
turquoises...
Doudou sur un palétuvier, avec son bronzage cycliste,
plage des Raisins-Clairs
6ème
jour : lundi 24 novembre. La "Grimpée des Mamelles", et la côte "sous-le-vent" en Basse-Terre.
Aujourd'hui changement de décor pour le début du séjour "vert" sur la Basse-Terre.
Le départ de la course est fixé à 08h30, et pour se rendre en Basse-Terre il faut traverser la ville de Pointe-à-Pitre, et sa circulation pléthorique… Réveil à 05h00, chargement du vélo dans la voiture, petit-déjeuner à 06h00, et départ à 06h15. A partir de Sainte-Anne, ralentissements et bouchons sur 20 kilomètres, et ce jusqu’à la capitale ! A 08h00, je traverse seulement Pointe-à-Pitre, et il reste encore 20 km à parcourir. Je serai en retard ! A Baie-Mahault, je descends la côte
« au-vent », puis oblique à droite pour prendre la route de la Traversée. Cette
départementale est la seule route qui traverse de part en part le massif de la Basse-Terre, et permet de pénétrer au cœur du parc national de Guadeloupe, et de sa forêt vierge tropicale.
A 08h45, j’arrive enfin à Barbotteau,
au-pied du col des Mamelles versant « au-vent » de l’île. Heureusement tous les protagonistes à la course sont également en retard, y compris les organisateurs, et ce quelque soit l’itinéraire choisi pour traverser
Pointe-à-Pitre. Je me gare, monte mon vélo et m’équipe, puis me rend au contrôle de départ. Le début de la grimpée est fixé à 09h15, donc
j’ai le temps de m’échauffer en reconnaissant le bas de l’ascension, avec Xavier Joly. Les premières sensations sont mauvaises : je n’ai pas récupéré des efforts de la veille, sous une chaleur
accablante. Mais ça devrait être le cas de tout le monde. A la cascade aux Ecrevisses, à mi-parcours on fait demi-tour… La reconnaissance laisse apparaître une ascension sur un enrobé parfait, traversant la forêt
hygrophile, et qui se décomposera en 2 temps forts : un départ en descente, puis un premier mur de 500 m à 8,1% de moyenne, avec un passage à 12%, puis après une descente aussi raide, et quelques toboggans usants, une deuxième partie d’ascension de 4 kms sur des pentes moyennes à 6,8%.
Très dommage que la grimpée n’est pas empruntée l’autre versant, beaucoup plus raide, et donc
susceptible de faire de plus gros écart de temps en cas de défaillance. Mais il faudra faire
avec !
Au départ je rejoins une trentaine de concurrents, avec tous les protagonistes du classement général au « Trophée
Guadeloupe ». Un 4ème
professionnel nous accompagnera sur cette grimpée longue de 9,6 kms, le coureur
guadeloupéen Rony MARTIAS de l’équipe Bouygues télécom… A
09h20, c’est parti à 50 km/h, sur la plaque. Après 800 m, dans le premier mur à 10%,
je fais l’effort en tête à 17 km/h avec Daniel
BRUTTOMESSO, vainqueur la veille du petit parcours de la cyclo. On prend une vingtaine de mètres
d’avance, mais dans la descente avalée avec une pointe à 75
km/h un groupe de 11 coureurs se forme en tête de course, avec tous les protagonistes au classement général : Joly, Casper, Le Floch, Mocquery, Barbagelata,
Quemener, ainsi que Martias et Poncet, vainqueur du parcours master la veille. Après la
succession de rampes et descentes avalées sur le gros plateau, on repasse le petit plateau pour les 4 derniers kilomètres du col.
Casper et Martias passent alors en
tête, et assure un rythme rapide. C’est une course d’usure qui a lieu, et tour à tour
ça décroche par l’arrière : Barbagelata, puis les 2 pros féminines. Protégés par la forêt tropicale, qui donne un cachet
exotique à l'épreuve, il n’y a pas de vent pour rafraîchir l’atmosphère : le climat est moite (90% d’humidité dans l’air) et l’air pesant
(28°C), la respiration est donc difficile. Au km 7, je saute avec Quemener, j’arrive à raccrocher tout seul, mais quelques centaines de mètres plus loin je capitule définitivement, asphyxié par le train des 2 pros. Mais mes poursuivants au classement général sont tous déjà décrochés à l’arrière, y compris
Le Floch qui me précède à la 3ème place, et
que je n’aperçois plus en me retournant. Je continue sur mon rythme à 16 km/h et
170 puls. Comme à la grimpée du Ventoux, les battements du cœur ne montent pas malgré l’effort, signe de fatigue… Devant les 2 pros continuent leur travail de sape, et les amateurs plient un à
un, sauf Joly et Poncet. A 2 km du sommet, Joly surprend ses 3 compagnons d’échappée
en plaçant une grosse accélération, et personne ne le reverra. C’était bel et bien l’homme fort de la
compétition. Au sommet les 2 pros laissent à Poncet la 2ème place, et s’adjugent les 3ème et 4ème
rangs. 25 minutes après le départ, et 1’30’’ derrière Joly, je franchis la ligne d’arrivée
au col des Mamelles (altitude 686 m) en 7ème place. Le
Floch limite la casse en terminant 9ème à 49’’.
Les Mamelles sont deux pitons volcaniques, culminant
à 716 m (piton de Petit-Bourg) et 768 m (piton de Pigeon), dressés comme deux sentinelles à l'entrée du parc national de Guadeloupe, et
à la forme évocatrice.
1er/ Xavier JOLY (Dijon, 21)
23’38’’ à 24,4 km/h,
2ème/ Luc PONCET (Petit-Bourg,
971) 24’10’’,
3ème/ Jimmy
CASPER 24’12’’,
4ème/ Rony MARTIAS
24’13’’,
5ème/ Daniel BRUTTOMESSO (Marseille/13) 24’37’’,
6ème/ Pierre
ROMANET (/) 24’54’’,
7ème/
Hervé
DOUETTE (Luxeuil/70) 25’08’’ à 23,0 km/h, soit 980 m...
8ème/ Cédric QUEMENER
(Brétigny/91) 25’29’’,
9ème/
Magali LE FLOCH
25’57’’,
10ème/ Magali MOCQUERY
25’58’’,
11ème/ Pascal BARBAGELATA (Antibes/06) 26’29’’.
Au "Trophée Guadeloupe", à
l'addition des temps, sans distinction de catégorie :
1er/ Xavier JOLY (Dijon, 21) 04h26’45’’,
les 155 km à 34,8 km/h ;
2ème/ Jimmy CASPER 04h27’36’’,
à 51’’,
3ème/ Magali LE FLOCH 04h30’35’’,
à 3’50’’,
4ème/ Hervé
DOUETTE (Luxeuil/70) 04h33’08’’, à 6’23’’, à 34,1
km/h ;
5ème/ Cédric QUEMENER
(Brétigny/91) 04h34’09’’, à
7'24’’,
6ème/ Magali MOCQUERY 04h34’18’’,
à 7'33’’,
7ème/ Pascal BARBAGELATA
(Antibes/06) 04h34’31’’, à
7’46’’.
Conclusion : encore une 4ème place...
Tout ce sera joué en quelques secondes d'inattention dans la
course en ligne... Une bordure, 20 mètres de perdus, et le podium qui s'échappe ! Mais j'aurai
vendu ma peau jusqu'au bout. Je repars de ce "Trophée Guadeloupe" avec la plus mauvaise
place, mais avec 2 coupes, et des paysages aussi différents que le bord de plage, les
champs de canne à sucre ou la forêt tropicale, à jamais gravés dans ma mémoire...
Après un
nouveau podium au gîte des Mamelles, et un encas d’après-course, je redescends sur Barbotteau récupérer ma voiture, pour remonter le col des Mamelles et faire un premier arrêt à la cascade aux Ecrevisses, à mi-pente. C’est un incontournable touristique de la Guadeloupe, mais j’avoue que je resterai sur ma faim… Quelques minutes de marche sur un sentier parfaitement pavé le long
de la rivière Corossol, et on arrive à son pied : c’est une chute peu élevée (8 à 10 m), mais d’un débit important, et son
profond bassin et la beauté de la végétation tropicale environnante lui donnent un éclat particulier. J’en profite pour faire un
plongeon dans la vasque naturelle, histoire de faire ma toilette après avoir bien sué sur les rampes du col. P… que l’eau est
fraîche !
Puis je reprends la
voiture, franchit le col et me jette dans la descente en direction de Mahault. Ce versant était vraiment le plus intéressant à gravir, avec des épingles à la pente ahurissante ! Tout en bas, j’oblique sur la gauche en direction de
Malendure, un autre
incontournable touristique. J’ai basculé sur la côte « sous-le-vent » de Basse-Terre,
longeant la mer des Caraïbes. Il est déjà midi, et la compétition m’a ouvert l’appétit. Je fais un bref arrêt sur la plage de Malendure, au sable grisé, face aux îlets
Pigeon, grande réserve naturelle, paradis des clubs de plongée. J’y retrouve un grand nombre de mes amis cyclistes qui ont décidé la visite de la
réserve Cousteau dans un bateau à fond de verre, avec halte baignade. Je l’avais déjà fait en Martinique en 2006, et j’avais plutôt été déçu de l’expérience.
Moi j’ai les crocs, et j’opte pour me faire plaisir au Rocher de Malendure, restaurant offrant une vue panoramique sur les îlets et la mer des Caraïbes, car disposé en petits carbets sur plusieurs niveaux. Au menu une des meilleures langoustes grillées de l’île : le réconfort après l’effort !
Puis je remonte
la côte « sous-le-vent » vers le nord. Un premier arrêt me mène au Saut d’Acomat, ou chute de l’Anaspèse, une cascade de 15 mètres de haut
qui se jette dans un bassin turquoise, en contrebas d’une forêt de liane. A peine plus imposante que la
cascade aux Ecrevisses, je verrai beaucoup mieux le lendemain !
Une seconde halte m’amène, au nord de Deshaies, à la plage de Grande-Anse, la plus belle et la plus longue de l’archipel : 1,5 km de sable doré bordé de raisiniers et de cocotiers. L’estran chute très rapidement à quelques pas du rivage, avec la création de très grosses vagues déferlantes ! Le mélange des couleurs est superbe : le bleu turquoise de la mer des Caraïbes, le blanc de l’écume, le jaune du sable et le vert émeraude de la montagne. 2 heures de farniente pour digérer entre bains de mer physiques au milieu de vagues impressionnantes et bains de soleil sur la plage désertée en ce lundi…
7ème
jour : mardi 25 novembre. Les chutes Moreau, immersion totale en forêt tropicale dense.
Les « cascadettes » visitées la veille m’avaient
déçu. J’ai donc programmé en
cette fin de séjour d’aller explorer une cascade digne de ce nom, car la Guadeloupe offre des aperçus impressionnants sur de multiples
chutes, toutes en Basse-Terre, avec une randonnée d’approche dans la forêt tropicale qui justifie à elle-seule le voyage sur l’archipel. Il y a les 3 chutes du Carbet, au pied de la Soufrière, également un site
touristique incontournable, avec plus de 400 000 visiteurs annuels. Si elles comptent parmi les plus belles des Caraïbes, et ont
contribué à la renommée de l’île, la première chute de 110 m est "trop" facilement accessible après 1h30 de marche en forêt, sur un itinéraire
aménagé par le parc national pour des « troupeaux de touristes métropolitains »… La deuxième chute, la plus impressionnante des 3 avec 125 m, après 15 minutes de
marche, n’est plus visible que depuis une plateforme d’observation à 150 m, en raison d’un tremblement de terre (novembre 2004) et d’un énorme effondrement de roche et de terre. La troisième chute
est la plus petite, avec une vingtaine de mètres de hauteur.
Je fais donc le choix de me rendre un peu plus au nord de l’île, pour une randonnée extrêmement difficile avec une immersion totale en forêt tropicale humide, et son vert intense, sur une trace presque non balisée, et encore moins aménagée, qui prend son départ depuis un petit parking à 8 kms à l’intérieur des terres, au-dessus de Goyave. Pour trouver le parking, c’était déjà compliqué, car aucun panneau ! Il est 11 heures, et un trekking de 2 bonnes heures le long d’un parcours sinueux, car zigzagant le long de part et d’autre d’un cours d’eau tumultueux, boueux, avec le franchissement de 7 rivières, dans une végétation luxuriante et glissante, avec 4 bons kilomètres de marche avant d’atteindre les « Déesses Moreau », comme on les surnomme dans le pays, et près de 270 m de dénivelé le long de la ravine Moreau. Un parcours pour baroudeur, à l’opposé de l’approche des chutes du Carbet. Et cela me convient bien ! Je suis seul pour relever le défit, mais j’ai emporté ma boussole, une carte IGN des lieux, mon téléphone portable (si il y a du réseau, ce dont je doute !) et un sac à dos avec tout le nécessaire pour manger et s’alimenter durant 5 bonnes heures en forêt vierge. Une seule voiture est garée sur le parking, je ne devrais pas être seul sur l’itinéraire.